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Preambule, Criconstance de la conception du projet, Geologie structurale du massif, Geologie physique du massif, Hydrologie du massif, Conclusion sur la karstologie du secteur, Observation du terrain, Constatation de terrain, Conclusion projet.
PREAMBULE CIRCONSTANCES DE
LA CONCEPTION DU PROJET GEOLOGIE STRUCTURALE DU MASSIF
Le Jurassique inférieur
n’est présent qu’en bordure de l’écaille, ou il supporte
les escarpements de calcaire Jurassique moyen, souvent en petits
bancs. La majeure partie de la surface topologique est constituée
d’un plateau Jurassique supérieur (Séquanien-Rauracien
et Kimméridjien) très lapiazé. GEOGRAPHIE PHYSIQUE
DU MASSIF Des silex taillés ( particulièrement à proximité du 157J1), des tessons de céramiques grossières attribuables au Bronze (Epée de bronze et tessons de l’aven de trois chênes, sur le plan des Noves), des dolmen, des tumuli (tumulus du plan des Noves), des oppida celto-ligures (Baou des Noirs, Baou de la Gaude...), des ruines d’un habitat probablement gallo-romain près du Baou des Noirs et, sur le Baou des Blancs, une ruine attribuée au onzième siècle édifiée sur un habitat celto-ligure préexistant, attestent d’une occupation anthropique très ancienne et relativement continue (même si de faible densité) du massif, particulièrement autour du Plan des Noves dont toute la superficie est émaillée de talus d’épierrement, de terrasses et d’aménagements de culture indatables qui confortent l’hypothèse d’une occupation agro-pastorale extensive du secteur. De nombreux indices permettent aux historiens d’estimer que le paysage actuel, aride et désolé, est récent et résulte de l’action anthropique, la pluviométrie conséquente entretenant jusqu’au Bronze final un couvert végétal important, essentiellement une forêt primaire ou les arbres à feuilles caduques (Chênes) étaient majoritaires. Cette forêt primaire est apparue après la dernière glaciation (Würm), au Préboréal et au Boréal, et a dû exister à chaque période interglaciaire du Quaternaire. Ce couvert végétal aurait disparu entre le deuxième siècle avant J.C. et le bas Moyen Age, en raison de l’exploitation du bois de futaie, dès l’occupation romaine, pour la construction navale, mais également et surtout en raison du pacage intensif des ovins, qui, en consommant les jeunes pousses ligneuses, empêchent le renouvellement des forêts. L’existence de ce
couvert forestier, supposant un horizon pédologique humifère
et acide aujourd’hui disparu, cette pluviométrie favorable,
une température fréquemment proche de zéro,
suggèrent une cryptodissolution active durant les périodes
interglaciaires, même si les indices de cette cryptodissolution
sous couvert pédologique sont moins évidents que sur
d’autres secteurs du département (Plateau des Claps à
Caussols, par exemple). On est tenté bien évidemment
de relier cette cryptodissolution aux importantes formations tufacées
quaternaires qui environnent la source du Riou, dont les eaux sont
aujourd’hui relativement peu calcaires (BAÏSSAS, 1984), cas
général des sources de ce massif. Cette faible dureté
est attribuée à la précipitation carbonatée
dans des conduits vadoses (IDEM), mais cette interprétation
semble à réexaminer : L’influence de la minéralogie
de l’impluvium du Riou (qui est inconnu à ce jour), ou de
la modification des caractéristiques physiques des infiltrations
(température, PH) depuis la formation des tufs pourraient
tout aussi bien être mises en cause. HYDROLOGIE DU MASSIF Cependant, la source du Riou fait exception dans le massif, avec un débit moyen de 400 litres seconde et une galerie noyée de grandes dimensions, orientée Nord-Ouest, explorée sur 800 mètres par les plongeurs. Si l’on admet ce débit moyen non vérifié, et si l’on tient compte d’une évapotranspiration d’un tiers des précipitations, cette exsurgence répond à un impluvium de l’ordre de la dizaine de kilomètres carrés, ce qui est considérable à l’échelle du massif. Les sources de la Cagnes, diffuses et non pénétrables, se situent, elles, dans un petit massif contigu, isolé par deux fractures parallèles, l’une matérialisée par le Saut du Ray, premier rappel du canyon (sec) de la Cagnes amont marquant une nette transition entre les Glauconies crétacées de la plaine de Courségoules et une série d’escarpements Jurassiques, la seconde au niveau de Vescagne. Nous avons pu constater de visu la réponse très rapide et assez modérée des sources de la Cagnes aux précipitations violentes, ce qui suggère que ces sources drainent un impluvium de relative proximité, et de faible surface. Même si la Cagnes, cours d’eau allochtone, présente durant son parcours dans le massif des Baous un certain nombre de pertes, l’hypothèse de l’alimentation partielle du Riou par des pertes de la Cagnes se heurte à l’observation des débits de cette rivière : au niveau de Vescagne, il est très inférieur à son débit au niveau du Riou. Il est à peu près certain que les pertes de la Cagnes sont recapturées par le cours d’eau aérien, qui reçoit en outre, en traversant le massif, des apports hydriques significatifs. L’eau du Riou est donc indépendante de la Cagnes. Nous avons prévu de réaliser des campagnes de mesure de température de la Cagnes , du griffon inférieur du Riou (? En tout cas de l’exsurgence surgissant dans le lit de la Cagnes au niveau du confluent avec le Riou...) et du Riou lui-même, dans différentes conditions de météorologie, pour conforter cette hypothèse. Sans données
parfaitement précises sur le bilan hydrique du karst des
Baous, il semble néanmoins évident que celui-ci est
excédentaire, et que le Riou délivre en quasi totalité
cet excédent. CONCLUSION SUR LA
KARSTOLOGIE DU SECTEUR Or, le Plan des Noves, qui se situe sensiblement à l’aplomb du réseau du Riou, présente assez nettement la morphologie d’un poljé aujourd’hui non fonctionnel, d’une superficie actuelle de l’ordre du kilomètre carré, dont le point bas se trouve à la côte 640, et environné de reliefs dont le point le plus bas se situe côté vallée de la Cagnes à 670 mètres d’altitude. Il est certain que les versants Cagnes et Lubiane ont été démantelés par l’enfouissement progressif des cours d’eaux : La morphologie de poljé était donc plus accusée encore avant l’encaissement des vallées. Plusieurs soutirages, disséminés sur le Plan (notamment un soutirage au point bas du grand plan des Noves, au milieu d’une zone cultivée), suggèrent l’existence d’un ou plusieurs paléo-ponors, drainant l’ensemble de la cuvette ; Durant les périodes glaciaires (qui ont représenté les trois quarts de la durée de l’ère Quaternaire), un régime d’enneigement saisonnier identique à celui qu’on peut observer actuellement à une altitude de 1800 à 2000 mètres (d’après les conclusions de Maurice JULLIAN) devait provoquer, même si la surface de l’ensemble est réduite, des flux instantanés significatifs, qu’un calcul prudent permet d’estimer de l’ordre du mètre cube par seconde en régime de crue de fonte nivale. Si l’on suppose un point d’absorption unique, celui-ci aurait donc vraisemblablement l’échelle de l’embut de Caussols. Cette morphologie suggère l’existence d’un réseau de conduits très hiérarchisés, connectés sur le collecteur sous-jacent. On peut même dire que, s’il existe sur ce massif un conduit karstique important, il est quasiment certain qu’il est connecté sur le collecteur du Riou et qu’il s’ouvre sur le paléo-poljé du plan des Noves. La situation du ou de ces ponors n’est pas facile à déterminer, car :
De plus, le niveau d’alluvionnement du poljé a pu varier dans des proportions importantes : Il est évident que sur ce massif comme sur d’autres dans le 06, des sols ont disparu par érosion en raison de la raréfaction du couvert végétal. Sur le plan des Noves, ces sols ont même pu être, durant les périodes glaciaires, constitués de tourbières à Sphaignes, comme il en existe actuellement dans les dépressions situées dans la tranche des 1500-2500 mètres. Par ailleurs, et notamment si ces tourbières (créant des sols très acides) ont existé, il s’est probablement produit une crypto-dissolution significative, provoquant un certain enfoncement du niveau bas du poljé. Le point d’absorption supposé du plan des Noves peut donc se situer de façon quelconque sur le site : Il se peut qu’il soit actuellement en position perchée, ou à proximité des soutirages que l’on note sur les surfaces arables. Quelle que soit sa position, il est probable que la majeure partie des conduits karstiques drainant le plan des Noves rejoignent ce conduit hiérarchique, et que ce réseau aboutisse au collecteur du Riou sous-jacent. Il existerait donc un rapport hydrologique direct entre les eaux circulant sur et sous le plan des Noves, et la source captée du Riou. Il a été recensé sur le massif de nombreuses cavités, parfois de grand développement et à dominante horizontale (Avens de Castéou par exemple). Certaines de ces cavités témoignent d’une karsténogénèse ancienne, au moins Pliocène, peut-être Messinienne, voire antérieure, car leur formation paraît parfois avoir précédé la mise en place du massif. Une étude des remplissages pourrait sans doute éclaircir ce point. Des fragments de planchers stalagmitiques et de blocs de calcite cristallisée trouvés en surface dans le secteur du Pueï d’Arène paraissent également attester que des paléo-cavités ont été décapitées et démantelées par l’érosion. Toutefois, ces fragments ont été trouvés en surface a proximité d’un relief naturel ayant pu être utilisé comme abri sous roche ou comme sépulture mégalithique, et nous n’affirmerons pas qu’ils n’aient pas été collectés, peut-être sous terre, et déposés en ce lieu de main d’homme. L’exemple le plus significatif de ces cavités archaiques est sans doute la grotte du Dôme (commune de Saint Jeannet), perchée quelques mètres sous la surface du Baou de Saint Jeannet, dont la galerie d’entrée, syngénétique, au profil évident de conduite forcée, semble avoir été recoupée par la tectonique du massif. Le thalweg sous-jacent matérialise en effet une fracture de l’écaille, que l’examen des pendages de part et d’autre du vallon met en évidence. La galerie d’entrée de cette grotte débouche sur un fontis de très grandes dimensions (Salle du bloc : dalles tombées du plafond encore en regard de leur emplacement), au sein duquel des fistuleuses déviées de trente degrés environ attestent de mouvements importants de la trémie, relativement récents au vu de la dimension de la concrétion après sa déviation (quelques centimètres). Eric GILLI a prouvé qu’il était possible de dater avec une bonne précision les mouvements générateurs de ces déviations. La grotte du Dôme
semble donc être une paléo-cavité profonde et
active, formée avant le Pliocène, perchée,
recoupée et broyée par la mise en place du massif.
Une étude très poussée des remplissages (datation
Uranium-Thorium, palynologie), pourrait confirmer cette hypothèse.
A noter dans cette cavité l’abondance de gros cristaux de
calcite spathique brune, dits “ dents de cochon ”, dont
les conditions de formation ne nous sont pas connues mais sont probablement
significatives. OBSERVATIONS
DE TERRAIN SUR LE PLAN DES NOVES Les cannelures de dissolution typiques de la corrosion superficielle par la neige fondante ne s’observent semble-t-il qu’au dessus de la côte 700, principalement au Nord (secteur de l’aven des trois chênes), c’est-à-dire au dessus du niveau de l’entrée du 157J1. Les indices les plus bas de ce type de dissolution, relativement isolés et discrets, ont été observés sur des dalles en place à la côte 660. Ces observations semblent
conforter l’hypothèse selon laquelle le poljé été
durablement comblé sous la côte 700 par un remplissage
relativement imperméable digérant lentement les blocs
calcaires, tandis qu’au dessus de cette côte, le calcaire
a été durablement et directement exposé aux
intempéries. CONSTATIONS
DE TERRAIN AUTOUR DU 157J1 Le 157J1 semble également marginal par rapport à la typologie locale. Il est situé à 678 mètres d’altitude, soit sous la côte de transition des formes d’érosion. Creusé sur une dalle massive de calcaire dolomitique du Kimméridgien à la faveur de la première d’un faisceau de trois diaclases orientées S-N (dans une diaclase parallèle s’ouvre d’ailleurs le 157C3), son entrée est vaste et presque horizontale ; Il présente trois éléments structuraux distincts et nettement visibles :
Cette morphologie suggère une spéléogénèse ancienne et polyphasée, marquée par :
L’ensemble présente
une dimension accréditant l’absorption de débits métriques. CONCLUSION
SUR LE PROJET 157J1 Techniquement, le chantier de désobstruction du 157J1 est aisément réalisable du fait de la situation et de la morphologie de l’entrée, et demande principalement du temps de travail, et une main d’oeuvre possédant des compétences et un matériel adaptés, décrits en annexe. La détermination de la nature exacte du 157J1 présente un double intérêt :
Ces enjeux scientifiques
nous paraissent d’un intérêt considérable pour
la collectivité, et en particulier pour la population Vençoise.
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