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Dimanche 25 Octobre 1999 :
Initiation Spéléologie à la Baume des Caranques La Baume des Caranques est l’une des découvertes spéléologiques les plus intéressantes de l’année 1993 : Connu de tous temps, son porche à priori sans suite à été prospecté minutieusement par un spéléologue niçois illustre dans le milieu, Jean-Claude MARIE, qui y a découvert un passage accédant à des galeries très concrétionnées, lesquelles rejoignent le système karstique de la grotte du Revest. Présents (et déterminés) à 9 heures 45 au pied des barres de Cavillore, (c’est à dire à l’heure malgré les gendarmes qui barraient les basses gorges du Loup à cause du Rallye d’Antibes !) : Après les congratulations d’usage et moultes tapes dans le dos, chacun se changea en un tournemain, et , casqués, sacs à dos chargés de vêtements de rechange, de gourdes, de grannies et autres friandises, nous attaquâmes avec un entrain guilleret le raidillon pentu qui devait nous amener de la cote 580 à la cote 765 (soit deux cents mètres de dénivelée). Avec entrain… Enfin bon, au début ! Ledit raidillon est en effet vraiment pentu pour de vrai, et s’ingénie même (le fourbe) à passer dans un de ces pierriers ou l’on avance d’un pas et on glisse de deux ! Tu parles d’un échauffement… C’est donc une demi-heure, pas moins, qu’il nous fallut pour accéder au porche d’entrée d’ou, soit dit en passant, la vue sur les gorges du Loup et sur le village de Courmes est superbe. Après une détente que nous jugeâmes méritée (particulièrement les fumeurs) et une frugale ( !) collation, vers les onze heures nous nous dirigeâmes tranquillement vers le fond de la baume. Le premier ressaut, d’un mètre cinquante environ, et qui se désescalade comme qui rigole, nous amena sans discuter dans une salle basse ou quelques concrétions annoncent silencieusement les paysages souterrains qui attendent, plus avant, le hardi spéléo. (A noter aussi pour les aficionados de géologie un superbe miroir de faille au fond de la salle). Là, le sésame vers la suite de la caverne ne saute vraiment pas aux yeux : c’est un petit passage très discret entre blocs, ou la reptation est obligatoire ; Que les forts gabarits se rassurent : Je suis passé, donc… Ce passage accède immédiatement à la galerie dite, on ne sait pour quelle fumeuse raison, “ C’est la dèche ”, baptême scandaleusement diffamatoire car cette galerie est concrétionnée comme dans les livres, à telle enseigne que les spéléologues découvreurs ont balisé des circulations pour éviter la dégradation du site. Le CRESPE étant par conviction profondément attachée au respect de l’environnement, nous respectâmes consciencieusement ce balisage. Ce qui ne nous empêcha pas de nous remplir les yeux du spectacle des cristallisations remarquables qui cernent de toutes parts le visiteur ébahi. Un plan incliné de calcite, équipé d’une main courante, amène ensuite en une élégante glissade vers un passage bas ou l’on évolue à quatre pattes entre stalactites et stalagmites. celui-ci débouche dans une salle très haute et très spectaculaire, creusée au dépends d’une faille, ou les formes de corrosion des parois nous indiquent que dans un passé géologique lointain, lorsque le Loup coulait trois cent mètres plus haut qu’aujourd’hui (ce qui ne nous rajeunit pas), une rivière souterraine impétueuse (certainement celle qui débouche aujourd’hui aux sources de Bramafan) devait emprunter cette voie. Cette jolie salle se termine sur un laminoir,
passage obligé vers la salle des Agoraphobes, ou nous admirâmes
le chaos rocheux cyclopéen qui occupe le sol de cette immense
vide souterrain : un amoncellement de rochers de plusieurs
mètres cubes chacun s’entasse ici sur plus de vingt mètres
de haut. Philippe dit Doudou, Philippe dit Philou et Jean-Claude
escaladèrent ces éboulis titanesques pour admirer
le départ du puits de 37 mètres qui fait suite :
réservé à une prochaine exploration. Puis, après une nouvelle collation (ça n’arrête pas !) nous ressortîmes tous tranquillement par le même chemin qu’à l’aller. Cependant, après trois heures sous terre, nous n’avions pas notre dose : Aussi, nous décidâmes de rejoindre à travers les barres la grotte du Revest distante de 150 mètres, pour une rapide incursion . Philippe II, Eric et Coralie s’arrêtèrent en fait vers –40, après l’embranchement de la Galerie de l’Ours (historiquement connue pour son gisement de squelettes d’Ours des Cavernes), tandis que Doudou, Philou et Jean-Claude poursuivaient jusqu’à –66, au bord du puits du Lac (réservé lui aussi à une prochaine exploration…). Là, ils eurent la chance d’observer des colonies de chauves-souris qui, en cette saison, commencent leur hibernation dans toutes les anfractuosités des plafonds, … Chut ! Respectez le sommeil des autres ! Retournant d’un pas guilleret vers la sortie, quelle ne fut pas leur surprise de voir soudain des lueurs dans la nuit : ce n’étaient pas de quelquonques OVNI, mais bel et bien des Spéléos Déambulants Parfaitement Identifiés : Philippe II, Eric et Coralie s’étaient fourvoyés comme des bleus dans la galerie de l’Ours et ne se sont aperçus de leur méprise que devant le puits de onze mètres qui barre cette galerie: genre : “ tiens, c’était pas comme ça tout à l’heure… ”. Ben oui : faut prendre ses repères, sous terre… Mais baste, quelques minutes plus tard, le soleil radieux caressait à nouveau nos visages las mais heureux ! Il ne nous fallut que dix minutes pour rallier les voitures (en descendant, ça va nettement mieux ! ! !) et nous pûmes enfin manger ( ! ! !) car nous avions évidemment prévu des pique-nique. Après le pique-nique, ça tombait
bien, c’était juste l’heure de l’apéro : Nous
descendimes donc dare-dare vers Vence ou la charmante épouse
de Philippe avait préparé les glaçons… |